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12 mai 2009

2 - 3 Mai 2009 : Week-end de ski de printemps validé !

Retour dans les Pyrénées pour ce we du premier mai !

Les conditions restent relativement exceptionnelles, la météo est pas dégueu, alors ça part.
Au programme de ce week-end, on va au Cambre d'Ase au-dessus d'Eyne 2600 le samedi pour jeter un oeil au Couloir du Vermicelle et aux conditions alentours. Et si ça le fait, on dort une nuit au refuge de l'Orri pour faire une course dans le coin le dimanche.

Départ donc le samedi 2 mai à 5h30 de Barcelone...

Arrivée au parking d'Eyne 2600 vers 8h30. On échange deux-trois mots avec des catalans parti à pied, puis revenus a la voiture en disant qu'en fait non, il y a trop de neige c'est relou.

Bon ben nous, si ya de la neige, on est content. Alors on entame la rapide remontée des pistes d'Eyne et de St-Pierre de Forcats. Des noms de station de ski tellement exotiques...

En haut des pistes, on croise un autre groupe de catalans à ski qui ont fait demi-tour plus haut "parce qu'il y avait trop de neige". Etrange. Alors on continue à monter dans les sapins, quand soudain le magnifique cirque du Cambre d'Ase s'élèvent devant nos yeux gonflés par l'effort et le manque de sommeil.

Le couloir du vermicelle se dévoile. Il est beau, il à l'air en condition.
A gauche de toute façon, il y a le couloir central, bien plus facile en cas de coup dur.

On poursuit donc la montée en direction du Vermicelle. Deux personnes sont déjà dedans, qu'on voit de loin. Aïe, pourvu qu'ils nous conchient pas trop la pente !

Au pied du couloir, dernière traversée à ski avant de chausser les crampons.


Alors deux personnes devant nous, ça a ses avantages, à l'instar des superbes marches qu'ils nous ont taillées. Du coup, ça dépote dans la remontée du couloir !



On essaie de les rattraper pour prendre le relai... Ici Nico, à mi-couloir, belle ambiance.


Mais non, ils seront en haut les premiers et on aura bénéficié intégralement et ingratement de leurs efforts. Mais en fait, ils ont pas de skis et vont descendre par le couloir central, donc cool, la pente est rien qu'à nous !
Malgré le beau temps relatif, des nuages ont accrochés le sommet...


Qu'à cela ne tienne, la descente du couloir nous attend. La pente est bonne, un ptit 45° sur le haut. Les premiers virages sautés font monter l'adrénaline. La neige est soufflée et croûtée, pis ça penche un peu quand même !

On s'arrête rapidement pour laisser passer deux autres personnes qui remontent, histoire de pas leur balancer une coulée dans la face.
Puis c'est reparti. Après une petite étroiture en neige dure pas évidente, la neige s'améliore et le soleil revient.



Le reste de la descente se fera dans une bonne poudre fort agréable à skier bien qu'un peu lourde. De retour dans le cirque, les pentes du cône ont commencé à chauffer et se vêtissent de quelques millimètres d'une moquette de printemps délectable...

Alors on se pose pour manger un bout. Il est 11h, la journée n'est pas terminée. On a pas fait un dénivellé de ouf nonplus. Donc on est bien chaud pour enchaîner sur le couloir central tant qu'on est dans la zone.
Donc prêts à partir et tout, peaux recollées. Mais en fait non. Malgré l'heure relativement matinale, ça chauffe à mort. Le couloir est orienté Nord et chauffe moins, mais les pentes qui le bordent, si. Et elles commencent à purger gentiment.
Alors ben tant pis, on va redescendre, la journée est déjà bien validée de toute façon.

Avant de quitter le cirque, on regarde une dernier notre couloir du jour. Le secteur est quadrillé.


Puis on arrive tranquillement à la voiture, où l'on se cale une petite sieste bien méritée !
Il fait beau, il y a de la neige, on a le temps. Donc on va pas rentrer à Barcelone maintenant, mais plutôt aller se caler dans un refuge pour la nuit.

On se met donc en quête de quelque boustifaille, pâtes 3 minutes, bolo, soupe, sauc', figolus et brioche pour le ptit dej (originalité noulle, efficacité maximoum). On achète une carte des environs, et aussi un ptit bout de corde pour éventuellement faire une arête le lendemain.

En chemin, on retrouve le cirque du Cambre d'Ase et ses couloirs à l'horizon (la petite ligne du couloir du vermicelle au milieu de la photo)...

Une fois que tout est fin prêt, on se met en route vers le refuge de l'Orri (ou Orry), au-dessus de Prats-Balaguer. En cette saison tardive, on peut monter haut en voiture, moyennant une conduite prudente sur une piste d'une carrossabilité toute relative.

17h, voiture garée. Sac remplis. Skis sur le sac.
En route pour le refuge de l'Orri.


Si tout se passe bien, on part le lendemain matin pour l'ascension du Pic de les Nou Fonts dont on redescend la face NE pour gagner le Coll d'en Bernat. De là, on se lance sur l'arête d'Anyelle -expo- jusqu'au Pic Rodo, dont on descend le couloir SW.
Une belle boucle de prévue.

Pour le moment, on arrive tranquillement sur le plat du refuge et déjà, on voit le Pic Rodo et sa ceinture sommitale de barres rocheuses qui trône au milieu du vallon.


Le refuge de l'Orri, c'est lui. Et le Rodo au-dessus.

C'est le printemps.


Arrivée au refuge. On s'affaire pour allumer un feu. Niveau bois c'est pas byzance (validée expression de pougne), ya surtout du résineux humide à faire cramer dans les environs. Mais après quelques essais et quelques mètres cubes d'air soufflé sur les braises, notre feu tiens la route. De quoi en tout cas faire chauffer la soupe minute et les pâtes, cuisson traditionnelle.


Après ce bien bon repas vient l'heure du coucher. Et oui il est 20h. Mais c'est alors qu'un groupe de six randonneurs débarquent pour se faire à manger. La tuile, voilà qui compromet notre rendez-vous avec Morphée. Fort heureusement, il y a là une petite annexe pour deux personnes, la coquette habitation estivale du vacher des environs. C'est là qu'on établira nos quartiers pour profiter d'un doux sommeil dès 20h30.

Dimanche 3 mai, 5h, lever. Thé. Brioche. Départ à la frontale, mais il fait vite jour.

On remonte le vallon de l'Orri en direction du Nou Fonts. On passe alors au pied du couloir du Rodo par où on est censé descendre tout à l'heure. Il a l'air dégueu. Il a tout purgé hier, ça sera pas la descente du siècle... Mais bon, c'est pas bien raide, ça passera, et surtout ça nous aura permis de faire une belle arête alpine avant (Pierrette, le pot au lait, tout ça).

Bref, pour l'instant, on n'en est pas au Rodo et on va déjà s'atteller à gravir les 1000m qui montent au Nou Fonts. Que voici, au fond du vallon.

La montée est tout en neige dure, heureusement qu'on a des couteaux.
Après 3h de montée, on atteint donc le sommet du Nou Fonts. Ya gavé de vent.
"Allé, on est pas là pour acheter le terrain"

On se lance donc dans la descente, pas raide, de la face NE. Il n'est que 9h, la neige est encore dure. Mais bon grip.

Et nous voici arrivés au Col de Bernard, au départ de la fameuse arête qui mène au Pic Rodo. Vue sur l'arête en montant au Nou Fonts. A gauche le Rodo, à droite, le Col :

On chausse les crampons, on s'encorde, et Nico fait la trace sur l'arête.

Superbe ambiance. L'arête est effilée, ya du gôz des deux côtés.
Seulement voilà. Il y a trop de neige. On avance pas assez vite. Les pentes de droite orientées Est chauffent. Ca craint. Les pentes d'en face, orientées Est aussi, purgent tout ce qu'elles ont.
Bah.
En plus, le plus dur est à venir, il y a quelques pas de bloc en AD de prévu.
En plus, la descente du Rodo avait pas l'air si démente.
En plus, on arrive au niveau d'une échappatoire, une belle pente raide et sûre.

But.

Enfin, semi-but. On revient du sommet du Nou Fonts quand même, pis on a fait un ptit bout d'arête, pis on redescend sur une pente pas dégueu.

On termine la descente dans le vallon, avec un arrière-goût d'inachevé, mais pas de déception. On est quand même au milieu des Pyrénées, tout seuls, il fait grave beau, ce soir on rentre à Barcelone, cool quoi.
Voilà quoi, au moins on aura pris une sage décision.

Suite et fin : redescente au refuge, on remercie mentalement le vacher de nous avoir mis sa chambre à disposition, on redescend quelque peu à ski avant d'être contraints de finir à pied par la neige fondant à vue d'oeil sous le soleil du moi de mai.

Très bon week-end, qui signera sûrement la fin d'une saison de ski de rando des plus hétéroclites. (Autant l'hiver éclate, que l'hétéroclite).