Chez Rémy !

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21 décembre 2010

R.I.P.

Aïe aïe aïe, mon blog s'est laissé mourir à petit feu...
J'ai suis fort marri mais ainsi va la vie.


Bon bon la plupart de mes aventures sont détaillées par ici
------> Le blog de Georgian Odyssey

30 août 2010

Août 2010 : Sorties Natures...


Comme je suis à la bourre je regroupe toutes ces photos en un seul post, placé sous le signe du bucolique.

Château des Allinges avec Greg:

De retour d'une dure soirée au Macumba de St Julien, on va se ballader comme des pougnes en ce dimanche après-midi...

Le VTT après le boulot.

Hop de quoi se faire une jolie sortie juste après le boulot. Montée au chateau des Allinges puis descente de l'autre côté pour voir sa silouhette se découper sur fond de crépuscule...


Vélo de route à Serqueux:

De retour en Haute-Marne, je dépoussière le Tech3 pour aller faire un ptit tour entre Haute-Marne et Vosges.

Une photo conceptuelle...


La Haute-Marne, ya des bottes de foin...


De passage à Aigremont. La Haute-Marne, c'est vert...


Ledit Tech3 qui m'avait manqué...


L'église d'Aigremont avec un effet fisheye de ouf...


En Haute-Marne, les tournesols ils kiffent pas trop la life...


Le jardin:

Sur la demande de Maman, des photos du jardin. Comme vous le remarquerez certainement, je resterai sobre sur la prose.
Oeillets et tomates...


Topinambours...


Pêches...


Pinces à linges... (si vous vous faites chier, relisez un article de fin juillet début août ils étaient plus funkys...)


Couleurs...


Récolte...


Vue d'ensemble...

Vélo de route après le boulot:
Retour en Chablais. Hop de quoi faire 50km vite fait, gravir le col du Cou et basculer dans la vallée verte.

Et revenir par 20 bornes de descente sous les lueurs du couchant...

Les Mémises en VTT:
Visite de Greg en ce samedi à la météo mitigée...
On se retrouve à Bernex pour faire un peu de VTT dans les parages.
On rejoint Thollon par le Col de Creusaz. Les balcons du Léman, ça crouze...

Puis on enchaîne la montée jusqu'au Mémises où on peut admirer la vue sur le Lac Léman, toujours présent...

1200m plus bas, le lac.

Au Pic des Mémises. Le plafond nuageux est pas bien haut...

Le col de la Forclaz:
Pour aller faire un peu de canyoning, on se retrouve vers le Lac d'Annecy. Ya pas à tortiller du cul pour chier droit, le Lac d'Annecy, c'est classe...

Le Canyon de Montmin:
Peter veut nous faire découvrir les joies du canyon. Alors soit, je loue une combi et on s'engage dans le canyon de Montmin.
Mon appareil est pas étanche alors pas de photo du Canyon. Mais quand même, bien joli au final. Pis on a rigolé. Pis il y avait quelques rappels et sauts sympas.

Le barbec:
Pour clôturer le tout, on se cale vers Montmin pour allumer un barbecue avec les membres de la team du canyon. On est au top du crouzing.

Les nuages:
Plus rien à raconter, mais j'aime bien cette photo.

11 août 2010

8 Août 2010 : Le Courchevel X-trail.


Avec Bart-S, on est un peu débile. Alors ça nous fait pas peur de tenter un trail de 53km et 4400 de dénivelé avec pas moult bagage trailisitique (mais quand même on a un peu fait des raids, pis du ski de rando, pis du VTT et tout).
C’est donc dans l’inconnu total qu’on se lance ce week-end, la fleur au fusil, avec le stress de l’échec qui se fait un rien sentir malgré tout.

Bon en fait pour ma part, je balisais un peu alors j’ai essayé de me préparer (cf les 2500m aux Cornettes de Bise, les 4h de course dans les Puys en Auvergne, et une semaine de repos à me coucher à maximum 21h30…etc). Et aussi le Mont Blanc la semaine passée, ça fait des globules !
On a juste deux trois objectifs :
Objectif n°1 : finir.
Objectif n°2 : finir en bon état.
Objectif n°3 : finir en bon état en moins de 10h.
Objectif n°4 : finir en bon état en moins de 10h en battant Dawa Sherpa :)

Pour ce week-end donc, on se prévoit un trajet tranquille jusqu’à Courchevel le samedi. Pierre vient s’ajouter pour courir sur le 30km.
Arrivés à Bozel aux portes de la Vanoise, on découvre la chambre d’environ 10m² prévue pour deux à la base. Pierre ne voit pas d’inconvénient à dormir sur la moquette et sur une largeur de 40cm, et l’hôtelier nonplus, alors les frais de couchage s’en voient réduits (au passage 45€ la nuit à Bozel pour 2 –voir 3 du coup-, ça le fait pas mal).

On finit la journée en retirant nos dossards et en se préparant quelques pâtes sur le terrain de foot du Praz. De retour à l’hôtel à quelques minutes du village départ, c’est l’heure de préparer nos affaires. C’est là que se posent les grandes questions. Manches courtes ou longues ? Isostar ou pas isostar ? 9 barres ou 10 barres ?

A 21h tout le monde au lit, le départ est donné à 4h30 le lendemain matin. Pas trop de stress finalement, advienne que pourra, pis ça devrait être joli.
La minituile, c’est qu’à Bozel se déroule un petit concert juste ce soir là. Mais finalement contre toute attente on trouve le sommeil sans problème jusqu’à 3h15. Une douche, une banane, quelques gâteaux, et direction le Praz pour boire un petit thé avant le départ du 53.

4h15. Tout le monde se présente derrière la ligne de départ. Quelques 150 participants pour ce trail. La tension monte. A quelques mètres de la ligne, l’itinéraire est éclairé par des flambeaux. Une piste de ski. Droit dans le pentu.

Ce qu’on va faire, c’est qu’on suivre l’Etat de mon moral et de mes jambes tout au long du parcours, le tout sur une échelle de 0 à 100.

4:32. Le départ est donné.
Moral : 95%, la mini boule au ventre quand même.
Jambes : 100%, on a bien mangé, bien dormi et tout.

On part « tranquille ». Attention à l’adrénaline qui booste bien dans ce genre de départ. Mais il faut se retenir étant donné qu’il reste environ 52,5km et 4350m de dénivelé.
Quelques minutes après le départ, la première pente passé, c’est le moment de doute. Des cris de-ci de-là : « C’est pas par là ! », « Demi-tour ! », « On s’est trompé ! ».
La blague. Effectivement l’ensemble des participants s’est fourvoyé au premier croisement…
Alors les premiers seront les derniers et tout, dans la Bible ça sonne bien, mais sur du single track c’est un peu la galère. Pour nous c’est pas la mort, mais pour les gros keums, remonter tout le peloton dans la forêt n’est pas une mince affaire.
Au moins ça sera l’occasion pour nous d’apercevoir Dawa Sherpa, qui lance un joyeux « Et beh, c’est la première fois que je vois autant de monde devant moi ! ».

~5 :00. Fin de la première montée dans la forêt du Praz. On continue en courant sur un large chemin plat.
Moral : 90%. Le plat, c’est là où on reconnait les vrais coureurs… On se fait pas mal doubler sur cette section.
Jambes : 98%. Pertes minimes pour le moment.

Avec Bart-S, on continue sereinement la montée de nuit dans la fraîcheur de cette fin de nuit. On suit le rythme idéal d’une jeune demoiselle qui s’avèrera être en fait une des meilleures féminines du circuit. Et c’est l’arrivée au premier ravitaillement du Col de la Loze, 9km.
Moral : 95%. Déjà plus de 1000m de dénivelé, même pas mal. Et le petit jour se lève sur la Vanoise, c’est magnifique.
Jambes : 95%

Le ravito est trop proche du départ et quasiment inutile. Un ptit balisto, on ne traîne pas et on poursuit sur quelques centaines de mètres de dénivelé techniques qui nous mènent aux Rochers de la Loze, 2526m.

S’en suit la première vraie descente du trail, 500m de lacets. Comme on est grave des freerideurs on double quelques personnes avant de s’élancer sur les pentes de la montée suivante.
Moral : 90%
Jambes : 90%

600m de montée régulière et pas très jolis pour le coup. Mon corps réclame un truc. Après quelques minutes de réflexion, je comprends ce que c’est : une pâte de fruits…

7:28. R2. Sommet de la Vizelle, 2659m. Fin de la deuxième montée. 16km.
Moral : 85%. Je continue à un rythme régulier. Bart-S m’a pris deux-trois minutes. On se croise rapidement au ravito.
Jambes : 85%.

Bonne pause au ravitaillement, remplissage de camelbak, recharge d’isostar, bananes, et on enchaîne sur une crête puis une descente technique jusqu’au 20ème kilomètre.

A partir dudit 20ème km, ça se corse. Du faux plat montant. Beaucoup de faux-plat montant jusqu’au refuge du Saut. Il faut courir, sinon on n’avance pas. Puis on enchaîne sur une succession de montées casse-pattes (d’aucuns auraient dit casse-couilles mais comme je suis un poète je m’en abstiendrai) et de replat. Mais bon, c’est bucolique comme vallon.
Moral : 65%. Je n’aperçois Bart-S au loin que de temps en temps. Il a réussit à rester derrière la jupette de notre amie de la première montée. Je me fais doubler par quelques personnes, dont la troisième fille.
Jambes : 60%. Cette section me coûte. La raide ascension finale vers le Col du Râteau n’est pas donnée.

Mais bon. On a fait plus de moitié, et une fois a R3, dans quelques kilomètres c’est gagné !

9:30. Col du Râteau, 2689m. Point culminant du trail, km 28.
Petite pause isostar – rangeage de bâtons – discute avec le signaleur qui m’annonce qu’on est dans les 30 – 40è places. Sympa et inattendu.

Descente technique sur le haut, avec un passage de névé sur les fesses puis vient le moment de la descente vers R3, l’occasion de rattraper un peu les gens qui m’ont doublé tout à l’heure.

10:07. R3. Petite Val. Km 31.
Je retrouve Bart-S qui m’a quand même mis 5 minutes. Mais il est disposé à m’attendre et ça c’est cool. C’est important de faire une bonne pause encore une fois, histoire de remplir les camelbak et de se sustenter quelque peu. De la banane, des tucs salés essentiellement. Nos collègues les féminines sont pas là pour rigoler et ne s’arrêtent à aucun ravitaillement, alors on laisse filer.
Moral : 90%. C’est dans la poche. L’essentiel du dénivelé est derrière nous. Il ne reste… que 22km.
Jambes : 50%. Ah oui c’est là que le bât blesse.

Au programme, 3 coups de cul de 200-300m.

Coup de cul n°1, Col des Saulces, km 33 : Très régulier et pas très raide. Ca passe bien mais le moral prend un coup vu qu’on se fait doubler par les concurrents engagés sur le 30km, qui sont frais comme des gardons.
Moral : 80%
Jambes : 40%


Coup de cul n°2, Col de la Grande Pierre, km 36 : Pas très long mais bien raide pour le coup. La démarche n’est plus aussi amène qu’à nos premières heures, mais on tient bon.
En plus s’en suit la magnifique section sur les Crêtes du Mont Charvet, technique à souhait. Ca descend, ça remonte, petits passages expos, ptits passages en équilibre entre deux dépressions de 5m de profondeur. Et on arrive à la bifurcation entre le 30 et le 53. Nous on a droit à une montée bonus.
Moral : 80%
Jambes : 30%


Coup de cul n°3, Dent du Villard, km 43 : La dernière montée, oui monsieur oui madame. Elle est raide raide raide. Ou du moins c’est l’impression qu’on a après 40km et 4000m de D+. Ce n’est même pas de la fatigue physique, ça fritte juste méchamment les jambes. Les bâtons sont une nouvelle fois validés. On perd encore deux-trois places parce que quand même, il y a des gens plus habitués au trail que nous… Mais tout va pour le mieux vu que la ligne d’arrivée se dessine à l’horizon. 1000m plus bas.
Moral : 75%
Jambes : 20%

Ayé. Il ne reste plus que de la descente. Mais en fait la configuration topologique du terrain importe peu, descente, plat, montée… On n’a plus de jambes et il faut finir quand même. Alors on pose le cerveau et on fait confiance à la gravité pour nous ramener dans la vallée. C’est long, vraiment long. Je choppe un point de côté au foie, c’est la loose mais je peux pas y faire grand-chose. Il me suivra toute la descente et encore la semaine suivante.

12:44. R4. Lac de la Rosière. Km 47.
Le ravito qu’on croyait useless car très proche de l’arrivée soulage quand même un peu. Pas question de traîner mais on peut au moins délayer les cuisses un instant…
Ca sent bon la civilisation. La fin est proche, au loin on aperçoit le panneau « Arrivée 5km ». 5km…
Il est une heure moins le quart, on peut envisager de finir ce trail en moins de 9h. Même si de toute façon la notion de forcer ou d’accélérer a perdu tout son sens.
Moral : 90%
Jambes : 10%

Les 5 derniers kilomètres sont un peu vallonnés pour rejoindre le Praz. Pour être franc on est presque content quand ça remonte un peu. Il y a un panneau tout les kilomètres. On espère secrètement en louper un et s’apercevoir avec joie qu’il reste moins de distance que prévu. Mais non.
4km.
3km.
2km.
1km.
La ligne d’arrivée est en vue.
Pierre est présent, qui a déjà torché son 30km en 4h, beau boulot.

13:24. Arrivée. Km 53.
On franchit la ligne d’arrivée ensemble avec Bart-S. Dawa Sherpa –qui l’a lui franchit il y a trois heures…- nous félicite et nous gratifie d’une poignée de main, stylé.
On finit 40è avec un temps de 8:52. Mais c’est accessoire puisque les objectifs 1, 2 et 3 sont complètement remplis.

Frais comme des gardons. On aurait pu se faire prendre en photo sur fond de Grande Casse ou sur les Crêtes du Mont Charvet, mais non, on a préfère le parking comme toile de fond.

Oilà oilà. Plus de jambes, mais aucune mauvaise douleur et un moral au top.
On profite des massages et du repas offert en assistant à la remise des prix.
Et on quitte la Vanoise, contents de nous.

05 août 2010

31 Juillet - 1er Août 2010 : 4810.

4810 mètres, l'altitude du Mont Blanc. C'est 10 fois plus haut que le point culminant de la commune de Serqueux, le Malaumont et ses 487 mètres.
Le Mont Blanc est un adversaire coriace. Après 2 tentatives pour Papa, le Mont Blanc mène 2 à 0.
Pour ma part, c'est la belle, il y a 1 - 1 (mais mon 1 à moi il vaut plus cher d'abord, cf l'été dernier).

En ce dernier week-end de juillet, on prévoit donc de s'attaquer au toit de l'Europe avec Papa. Par la voie normale, tranquilement. En bivouaquant à Tête Rousse pour éviter l'ambiance toute particulière des refuges du Mont Blanc (et parce que le bivouac est interdit au Goûter, n'en déplaisent aux dizaines de cordées installées là-haut chaque jour).

Le week-end commence pas au top puisque la fiable Evasion lâche Papa à 150 bornes de Thonon. La première marge est entamée.
Reste à préparer nos affaires sereinement le vendredi soir. On part sans se presser le samedi matin, direction Saint-Gervais !

Saint-Gervais, le départ du fameux TMB.
La tuile de la matinée : le Tramway ne s'arrête pas au Nid d'Aigle pour cause de risque dû à une immense poche d'eau sous le glacier de Tête Rousse. Ce qui rajoute 200m de dénivellé, on s'en serait bien passé.

Au départ, Papa arbore son rutilant matos des années 80.

Puis on s'élève doucement sur les pentes du massif du Mont Blanc. La météo est au top.

On dépasse Bellevue, et le TMB nous largue au Mont Lachat...

On suit les rails durant une petite demi-heure...

Puis on atteint le Nid d'Aigle, là où le train aurait dû nous laisser. Ca rajoute pas grand chose, mais avec nos sacs de 1000kg, c'est toujours ça de pris dans le dos...

Alors que le brouillard s'accroche sur les hauteurs et que le chemin du refuge devient un peu plus technique, il est temps pour Papa d'enfiler les... Superguides !

Ca crouze sur le chemin de Tête Rousse...

Après une montée tranquille -pas la peine de se charger en acide lactique avant l'ascension de demain- on prend pied sur le glacier de Tête Rousse, avec le refuge du même nom en vue...

Alala les souvenirs de la tentative 2007 avec Peter et Palmito sont pas loins...
Il est 16h, on est dans les temps. On peut tranquilement se restaurer et se caler une petite sieste avant d'installer le bivouac. Il y a quelques autres tentes, mais le c'est plutôt tranquille, et le bivouac est 4 étoiles...

On prépare le matos pour le lendemain...

Puis on lance l'eau à chauffer pour le bouillon et les pâtes : c'est parti pour la glycogénogénèse. Et enfin, au lit tôt. "Demain" réveil à 23h30...
Depuis la tente, un dernier coup d'oeil sur la voie du lendemain, l'austère couloir du Goûter...

Sommeil non optimal d'une part parce que le soleil brille encore jusqu'à tard, d'autre part parce que mon compagnon de cordée a mis son réveil à 22h30 au lieu de 23h30.
L'heure fatidique sonne finalement. La motivation est au top. Le temps de s'habiller et de déjeuner, puis on se met en route pour l'ascension du Mont Blanc.
L'inconvénient de partir de Tête Rousse, c'est que ça rajoute les 650m de dénivellé de la montée au Goûter. L'avantage, c'est qu'on est tranquille pour monter ce passage technique et qu'on évite les dizaines de cordées qui montent au Goûter pendant la journée, et qui descendent du sommet.
Et effectivement, on est tranquilles. Une cordée au loin devant, une cordée au loin derrière. On peut doucement s'élever dans les rochers en surplombant les lumières de la civilisation qui luisent à l'horizon.
Et effectivement, le passage est technique. Pas donnés les pas de 2b+ à cette heure, cette altitude. Mais le tout c'est de tenir un rythme régulier et ça passe à l'aise.

On met finalement presque 3h pour arriver au Goûter. Au moins on se retrouve pas au moment de la ruée du départ. Papa est un peu entamé par cette montée éprouvante, mais le plus dur reste à faire. 1000m de montagne à vache, donc 800 au-dessus de 4000...
Là c'est le moment où on se caille un peu les miches. Le soleil n'est pas près de se lever, et on est enfermés dans un nuage.

A 6h, on atteint le Dôme du Goûter, toujours dans le brouillard.
Mais au moment de la petite descente qui suit le sommet du Dôme, tout se lève dévoilant des couleurs et une chaleurs bienvenues. A droite, un bleu turquoise de toute beauté...

A gauche, des irisations magnifique au-dessus du Mont Maudit...

Au loin, le Mont Blanc qui réussit à faire fuir son âne...

A ce moment l'espoir renaît. Le rythme n'était pas transcendant jusqu'ici, mais Valot est en vue. Et une fois à Valot, c'est gagné moralement et physiquement. L'erreur de jugement.
Déjà l'accès à Valot est raidasse...
...Mais on y arrive sans encombre. Il est temps de faire une bonne bonne pause. Les organismes sont pas forcément au top du top. Alors on pénètre dans le dépotoir Valot pour reprendre des forces. Pour moi, c'est gagné, il ne reste plus que l'Arête des Bosses, et c'est le summit... Mais bon déjà dans ma tête Valot c'était à 4500 alors que pas du tout, c'est à 4360m...

Toujours est-il qu'il faut se remettre en route. Papa commence à en chier mais on lâche pas l'objectif, qui joue à cache-cache avec les antécimes...

La bavante des Bosses...

Dur. Les pas s'enchaînent lentement, mais sûrement. Au bout de 3h on croise une cordée espagnole qui nous annonce qu'il reste un quart d'heure. Rien n'était sûr jusqu'ici. Mais désormais, le Mont Blanc, c'est chose faite.
Reste à boucler ce ptit quart d'heure, et à 10h30, après 3h30 pour faire les 500 derniers mètres...
S
U
M
M
I
T
!
Validé.


Vraiment pas tant de monde sur cette voie normale. On est seuls au sommet. Le Mont Blanc, on n'a pas trop envie de profiter du sommet. La journée ne fait que commencer, 4300m nous séparent de la voiture.
Alors on entame la descente. Après si peu de sommeil, une alimentation approximative et un peu de temps passé en altitude, ben on en chie. Je m'endors à chaque pas, du jamais vu. Ca m'était déjà arrivé en cours ou en conduisant, mais en marchant non non.


Long. On recroise le refuge Valot qui n'a pas bougé. Puis arrive la fameuse petite montée sur le Dôme. La montée qui fait mal.
Une fois au sommet, on aperçoit le refuge du Goûter, qui est mégaloin. Autant à la montée cette partie s'enquille bien, c'est le début, on commence la marche sur glacier et tout. Autant paie ta bavante à la descente...


Mais finalement, la gravité aidant, on atteint le refuge. Reste encore la partie la plus exposée de la course, la descente du Couloir du Goûter. Ce matin, c'était tranquille il n'y avait personne et on se rendait pas bien compte du gaz et de l'expo. La descente en desescalade est laborieuuuse. 3h pour monter, 3h pour descendre.


Il est 18h30, on regagne le bivouac, épuisé.


C'est là que ça devient marrant, puisque ledit bivouac est à 3200m d'altitude et que la voiture qui nous mènera à terme à mon lit est, elle, à 500m d'altitude. Et que le dernier train est à 19h (quand même), ce qui nous laisse 30 minutes pour faire 1200m de dénivellé négatif, ce qui à part en base jump relève de l'impossible. On se prépare donc psychologiquement à descendre la voie du TMB jusqu'à la voiture, avec malgré tout une botte secrète en poche : un taxi qui pourrait éventuellement venir nous chercher à Bellevue, l'avant dernière gare du TMB.

On plie bagages, on recharge nos gros sacs allégès malgré tout des 4 litres d'eau qu'on avait monté hier, et on se lance dans la descente jusqu'au Nid d'Aigle.


Mais comme à ce moment là on en a pas encore ras-le-cul de cette journée qui n'en finit pas, quelques gouttes commencent à tomber de-ci de-là. Puis beaucoup de gouttes. Puis du vent. Puis des grêlons. Après s'être abrité de ces derniers derrière un gros rocher, on gagne la providentielle cabane des Rognes, où se sont abrités quelques sympathiques hongrois en galère comme nous. Eux dormiront là, mais nous on a des impératifs demain alors il faut descendre coute que coute.


C'est le moment de sortir notre joker : le coup de fil à un taxi. Rdv 23h30 à Bellevue (oui le lecteur pourra avoir perdu ses repères spatio-temporels, mais il se fait tard...).


La pluie se calme, le soleil se couche. On atteint le Nid d'Aigle puis on longe la voie tels des zombies de Raccoon City, mais bien avant qu'ils ne se transforment en Crisom Head.

Et à 23h30 on atteint la gare de Bellevue où nous attend le taxi 4x4 qui nous conduira au Fayet. Pour la modique somme de 80€, qu'on débourse sans broncher vu le service rendu.


Puis en... zzz... route vers Tho... zzz... non. Impossible de faire le trajet en une seule fois, obligé de s'arrêter faire un somme.

On arrive a 2h30, on ne cherche ni à ranger, ni à manger, ni à rien, juste à se laisser tomber dans le lit et à dormir. Jusqu'à 6h30.


Oilà oilà. Mais quand même, on a fait l'Mont Blanc.


28 juillet 2010

24 - 25 Juillet 2010 : Braver le mauvais temps en Suisse.


Le week-end tant attendu, prévu longue date avec Claire et Loïc et ses potes Rémi et Julien. Seulement voilà, la météo ne joue pas le jeu et décide d'être dégueu sur toute la Suisse. Et en particulier dégueu++ là où on voulait aller initialement, autour du Grimselpass. De leur QG à Bienne, Rémi, Julien, Claire et Loïc échafaude un plan de repli : la météo est dégueu- dans le Valais. Pas mal de refuges sont pleins, mais il y a moyen de moyenner.

Rendez-vous donc à 17h Champex pour prendre le dernier télésiège qui nous épargnera quelques efforts pour monter à la Cabane d'Orny. Je quitte donc le boulot précipitamment pour me lancer sur la route de la frontière où j'acquiers une vignette pour poursuivre mon chemin sur les autoroutes helvètes.

Le timing est serré, mais j'arrive dans les temps au parking du télésiège. Ce qui n'est pas le cas du reste de la troupe. Du coup on va devoir monter à pied. Ca tombe bien il se met à pleuvoir.

C'est donc équipé de sursacs et de k-ways qu'on se lance à l'assaut du sentier menant à la cabane d'Orny.

Après avoir dépassé la gare d'arrivée du télésiège, on continue dans le brouillard... Pas mal pour un mois de juillet.


Finalement on arrive sans trop d'encombre dans la douce chaleur du refuge. Pis comme on est en mode papy, le repas arrive rapidement. Au compte-goutte. La serveuse nous apporte tout d'abord un petit plat de petit pois carottes. Et là des regards anxieux se croisent. Mais alors arrive un plat de viande. Mieux. Et enfin une bonne plâtrée de purée qui rassure la team !

Au dodo, demain lever 5h pour s'essayer à l'ascension de l'Aiguille du Tour.

5h, réveil.

Un collègue du refuge : "Bon bon les gars il neige, pas la peine de vous lever, tout le monde a annulé".


7h30, deuxième réveil. Le temps va se lever on dirait, même si les nuages sont toujours là. Belle ambiance matinale sur la terrasse.

Vu que le soleil perce timidement, on décide de se lancer et de commencer l'ascension, les pieds dans la neige, sur fond de Petit Clocher du Portalet.

Hélas le brouillard s'accroche au glacier du Trient comme une tique. Le brouillard, s'trop un bâtard...


Quand même on garde espoir secrètement, jusqu'à arriver à la Cabane du Trient, où là bon, on doit se résoudre et admettre le but météo...

La Cabane du Trient, ya des Crocs...

Bon. Au moins on sera sorti un peu. Pour s'occuper on fait des photos une fois redescendus à la Cabane d'Orny. Claire et Loïc sur fond de Clocher du Portalet...

Un photomontage de fou...

Un duo de prez...

Claire et un bouquetin pas farouche...

Vient le moment de redescendre dans la vallée. Comme prévu par la météo, le temps se dégage en cours de journée. On atteint rapidement le haut du télésiège. Mais vu qu'on est trop des pinces à part Rémi, on descend à pied. Je perds de peu ma course avec le télésiège.

On s'installe alors dans un pittoresque refuge de Champex, le relais d'Arpette, où on peut se remettre de notre loose brouillardesque autour d'une bonne pinte de Cardinal.
On est une fois de plus en demi-pension (la demi-pension, c'est cher), mais hélas c'est au choix fondue ou jambon-purée... Cheap.

Dimanche. Il est censé faire plutôt beau. Surtout dans l'après-midi. Alors on prend pas trop de risques à faire une grande voie bien longue. Alors on jette notre dévolu sur le Miroir d'Argentine, une superbe dalle au-dessus de Bex. 12 longueurs. Alors que Marielle, Julien et Rémi s'engagent sur remix, une jolie voie mais avec du 6 dedans, on se lance dans la voie normale avec Claire et Loïc pour qui c'est la première grande voie. Engagé comme première grande voie, mais comme c'est un gros keum, ça se passe nickel.

Au départ, 4 gars. toudoudoudoudou tou tou toudoudoudoudou...

Deux filles. Toudoudoudoudou dou dou toudoudoudoudou...
Quatre gars, deux filles. Toudoudou toudoudouuu toudoudouuu.

La paroi vue du parking.

On arrive au pied de la voie normale et je me lance dans la première longueur. Ca commence dans du 2b, alors même à froid ça se passe pas trop mal... Après une brève erreur d'itinéraire (la traversée sur la droite, c'était un peu dur pour du 4), je continue dans une longueur en 4 avec un pas de... 5b ! Oui monsieur oui madame -la honte...-.
Quand soudain on m'annonce que j'ai atteint le bout de corde avant d'arriver à la vire herbeuse où devait se trouver le relais. Bon comme j'aperçois ladite vire herbeuse et que mes seconds ont affaire au fameux 2b pour commencer, on termine en corde tendue.

Le relais suivant est pas évident à trouver sur cette vire péteuse, mais on l'atteint finalement pour s'engager dans la longueur clé de la voie... Un joli 5 à côté d'une grosse fissure. Il est 9h, les troupes sont encore fringuantes et le ciel encore bleu.

A quelques mètres sur la gauche, on aperçoit l'autre cordée dans sa voie. On ne les reverra presque plus puisqu'un nuage décide de s'accrocher au Miroir d'Argentine...

Claire et Loïc, avec une vue plongeante sur... du brouillard.

Toujours est-il que l'ascension se poursuit sans encombre. C'est facile le 4, mais quand il y a un point tous les 15m il faut mieux rester concentré...

Mais alors, c'est le drame. Le problème avec ces voies peu équipées, c'est que pour trouver l'itinéraire en suivant les points, c'est pas gagné...
A ce moment le topo prévoit de tirer sur la droite le long d'une fissure "évidente". Ce que je fais.
10 mètres, pas de point. Bon je vais mettre une sangle quand même. 20 mètres, pas de point. Bon je vais mettre un coinceur. 30 mètres, ah tiens un point, mais il semble appartenir à une autre voie qui croise la fissure. 40 mètres, bon un autre point, je fais un relais dessus avec un coinceur bonus et je fais monter mes seconds.
Nul comme décision. La fissure est évidente, mais la voie passe pas par là. Elle a beau être peu équipée, il aurait dû y avoir deux-trois points quand même.
Heureusement d'autres cordées nous aiguillent et nous confirme que la vraie fissure "évidente" est un peu plus haut.
C'est là que ça devient rigolo, parce qu'il faut désescalader cette longueur. C'est pas extrême, mais la désescalade ça apporte toujours son petit taux d'adrénaline.

Ouf. Une fois qu'on est dans la vraie voie ça devient beaucoup moins stressant. En plus l'escalade est jolie en suivant une fissure en traversée sur de la dalle bien lisse, avec quelques pas intéressants.

La dernière longueur en traversée est plutôt éprouvante. Surtout au moment ou je cherche une solution accroché à une prise perfectible en inverse. Je regarde d'un côté. Oups je vois plus le dernier point, il doit être un peu loin. Je regarde de l'autre côté pour apercevoir le prochain vieux piton. Au passage j'aperçoit mes pieds. Ah mais en fait je suis debout sur du rocher tout lisse là...
Je m'élance vers le point suivant, luttant contre le tirage, je clippe, et enfin j'atteins l'avant-dernier relais.

Il ne reste plus qu'une mini longueur pour atteindre le haut de la voie. Il est 18h. On est parti à 8h ce matin... Un peu long, mais c'est la fête quand même...

Mais ce serait trop facile si ça s'arrêtait là. Il reste une vraie course d'arête qui nous mène au Col où on trouvera le sentier de descente. On reste donc encordé pour traverser la crête supérieure du Miroir d'Argentière.

Les couleurs commencent à être pas trop dégueu. Au loin le lac Léman...

Enfin, la pression retombe. On peut quitter les chaussons et valider la course par une petite photo à trois.

Reste plus qu'à rejoindre nos collègues qui viennent d'arriver au parking. On enquille donc la descente au pied du Miroir d'Argentine qui s'enflamme sous les lueurs du couchant...




Dur. On doit maintenant rejoindre nos contrées respectives. On est un peu éprouvés de notre journée (et accessoirement on a fait la voie avec trois barres et un litre d'eau...) et il faut reprendre la route. Pour Julien et moi, ça va encore, on regagne Thonon à 1h30 de voiture.


Pour ceux et celles qui doivent rejoindre Karlsruhe, c'est une autre affaire. La légende raconte qu'ils sont rentrés à 4h du matin...