Avec Vincent, il y a longtemps qu'on pensait aller se balader dans les Pyrénées, avec nuit en refuge et rando. Les gens sont pas très dispos hélas, tant pis pour eux, on part avec Henrik et Vincent.
Au programme, monter dans les impressionantes Gorges de la Carança, dormir au refuge du Ras de la Carança et monter jusqu'à la crête frontière le lendemain. L'itinéraire est fameux pour ses corniches vertigineuses et ses passerelles.
Samedi matin, 8h. On se retrouve devant chez Hertz pour récupérer la voiture qu'on va louer pour le week-end. Malgré quelques péripéties (Matthias qui se réveille pas, Henrik met son réveil à 7h50 au lieu de 6h50), on part finalement vers les Pyrénées. Plein Nord.
Arrivée trois heures plus tard à Thuès entre Valls. Et là c'est le drame. Sur les panneaux indiquant le parking des Gorges de la Carança, un arrêté municipal est affiché "Randonnée interdite jusqu'à nouvel ordre pour cause de rupture de câbles".
Alors vu que l'arrêté date du 9 octobre on essaie d'aller se renseigner au village. Là on tombe sur le maire en personne qui nous indique que c'est bon en fait, c'est réparé. Ouf, on n'est pas passé loin du but.
On peut alors rentrer sereinement dans le parking -payant- pour garer notre rutilante Skoda Fabia toute neuve.

Après quelques minutes de montée raide, on rentre direct dans le vif du sujet : le chemin est taillé à même la falaise qui surplombe le ruisseau de la Carança.

Comme prévu, c'est impressionant. Ya du gaz. Henrik profite de la vue sur Thuès...

Comme on dit dans le jargon : si tu tombes, c'est la chute, et si tu chutes, c'est la tombe...

C'est vraiment classe. Les températures sont bien clémentes pour une fin d'octobre, la nature a revêtu son manteau d'automne...

Faut pas avoir le vertige...

Passage dans un ptit tunnel...

Après une bonne demi-heure de marche sur la corniche, c'est un autre tronçon bien sympa qui nous attend. Il se compose de passerelles qui enjambent la rivière...

Vincent s'engage sur une passerelle suspendue qui brinquebale pas mal... (j'ai dû chercher l'orthographe du mot là, dur)

C'est un peu exposé, mais toujours bien sympa. Moins haut que la corniche, mais vaut mieux éviter de trébucher quoi...

Après démarre une looongue bavante de deux heures sur un chemin bâti. Du beau boulot.
Tronçon bien moins photogénique cependant...

Mais joli quand même au bord de la rivière sous les couleurs de l'automne...

Enfin, vers 17h30 on arrive sur un replat où est posé le refuge du Ras de la Carança, 1831m. La nuit va pas tarder à tomber alors on va s'arrêter là pour aujourd'hui...

Il y a pas mal de monde, on récupère les trois derniers matelas qu'il reste. 19 places pour le refuge d'hiver (genre je mets des informations pratiques au milieu de ce récit relou au cas où). Il fait pas super froid. On peut manger dehors tranquille, à la lueur de la flamme de mon nouveau réchaud.
De retour à l'intérieur pour la tisane, on se fait offrir des panellets par un groupe de catalans de passage au refuge. Sympas ces ptits gateaux à la pâte d'amande qu'ils mangent à la Toussaint.
Vient le moment d'aller se coucher, à 22h. Un taux de sommeil non-optimal. Le taux de ronfleur est particulièrement élevé cette nuit...
Mais tant pis faut bien se lever à 6h30 pour repartir en randonnée jusqu'au fond du vallon, et plus si affinités. Au chaud dans le refuge au petit déjeuner, vue sur les froides lueurs de l'aube qui éclairent la vallée...

7h30, départ. On continue de suivre la rivière sur une bonne distance encore. La chaude lumière du soleil commence à caresser les sommets. Mais nous on continue à ses peler les miquettes...

L'ambiance est au top. On est tout seul. La météo est ok malgré les prévisions pessimistes.

Après une bonne heure et demie de marche, on arrive finalement à notre premier objectif du jour : l'Etang de la Carança, 2264m. Un joli lac miroir au milieu de la vallée. Au loin se dresse les murailles enneigées qui nous séparent de l'Espagne.
D'un classe les Pyrénées...

Argh désolé j'ai uploadé le panoramique redimensionné, trop tard...
Mais c'est loin d'être fini pour aujourd'hui. La route s'élève dans les pierriers. Enfin le soleil surgit de derrière les crêtes. Ben c'est pas dommage ! (je viens de regarder Kaamelott)

Les cairns nous indiquent bien le chemin...

Un peu plus haut, un abri en pierre sèche...

Nous voilà au pied des imposants contreforts rocheux qui bouchent le fond de la vallée en nous cachant nos objectifs : le Col de la Carança et la crête frontière...
Il va falloir les contourner. Toujours en suivant quelques cairns empilés ici et là, on traverse sur la gauche. En prenant de la hauteur, on se retrouve avec les pieds dans la neige, ce qui ne facilite pas toujours notre progression en basket. Ambiance alpi...
Trois bimbims en pleine ascension...
Vers 11h, on arrive à l'Etang Noir à 2505m. Un nom sobre mais explicite...
Après avoir bien trippé avec les propriétés sonores de la frêle couche de glace qui recouvre moitié du lac, on poursuit l'ascension avant d'arriver sur le bord d'une cuvette au fond de laquelle gît le serein Etang Bleu. Qui en cette saison a plus des allures d'Etang Blanc.
Le problème c'est que le sentier qui mène au Col est complètement enneigé et un peu raide. La neige est toute dure, c'est pas jouable en basket. Mais comme rien ne nous arrête on s'engage sur une périlleuse traversée sur le flanc de la cuvette...

On rejoint alors le sommet du Pic Bédrune, ainsi nommé par un des membres de l'expédition qui **placer ici le passé simple du verbe "joindre", démerdez-vous** le sommet pour la première fois (Enfin Vincent quoi). On domine bien la vallée et l'Etang de Carança...

D'ici, l'Etang Noir a une forme de coeur, romantique ça (d'aucuns diraient gay)...
Et de l'autre côté, pour la première fois de la journée, on aperçoit le Col de la Carança -ou Col de la Vaca- qui n'est plus qu'à quelques jets de pierre...

On le rejoint rapidement. J'aime cette photo...

Puis on gravit un pic sans nom a 2801m ou se trouve un piolet commémoratif...

C'est l'heure de manger et de récupérer après ces 1000 petits mètres de dénivellé bien jolis.
Et vient le moment où il va falloir commencer à s'enfiler les 2000m qui nous séparent de la voiture. Duur.
On longe un peu la crête pour redescendre dans la combe voisine. Une croix aux couleurs catalanes domine le versant espagnol...

Ambiance hivernale pour le début de la descente par la Fossa del Gegant...

Le haut est bien enneigé.
A un moment, nous n'avons d'autre choix que de descendre une pente de neige dure et non praticable à pied. Alors tel Loretan et Troillet dans le Hornbein, on s'assied sur nos sacs et ça part en luge !

Il y a vraiment pas mal de neige. Mais rien de bien dangereux (rassure toi Maman, pas de barre rocheuse ni de crevasse) alors on descend en ramasse. Premières traces de la saison...

La descente est assez technique jusqu'au replat au-dessus de l'Etang.
Ensuite il s'agit de redescendre jusqu'au refuge par l'itinéraire (d'aucuns diraient la bavante) de montée.
Le temps est toujours au beau fixe, on se ballade en t-shirt et je m'octroie même une petite baignade dans le lac. Ben ça rafraîchit !
Et le chemin suit son cours sous le ciel bleu de la Cerdagne...
On repasse prendre nos affaires au refuge puis on entame la descente à la voiture. La variante par Dona Pa indique 6h. Ca ne nous donne pas le temps, même si ça doit en être que 4 en réalité. Alors on redescent par les gorges, la looongue bavante sur le chemin de pierre, les passerelles, et la corniche. En 2h30 c'est plié.
Voilà. Il est temps de reprendre la voiture pour rentrer à Barcelone. On se retrouve dans un bouchon aussi inexplicable que relou au niveau de Baga, qui nous fait perdre une bonne heure. Mais on rentre au bercail satisfait d'un week-end bien rempli, riche en sensations et en paysages !