1 - 10 juillet 2009 : Semaine chargée++ dans les Alpes ! - Part. III
Cette fois, c'est du côté de Chamonix que ça se passe, où Greg fait un stage de six mois.
Grand 3 : Le Barcelonais à Chamonix.
3.1. Lundi, repos.
Repos, mais pas tant que ça. Déjà, il faut se lever à 6h pour aller rendre la chenillette à l'aide de Chloé. Puis café à Dommancy, visite de l'ENSA à Cham, test de matos dans les labos (c'est le stage de Greg), puis retour sur Sallanches pour voir l'Age de glace en 3D, puis tartiflette chez Chloé (merci !).
Il faut un peu planifier les jours à venir. Hélas il fait pas bien beau sur le massif du Mont Blanc. Les courses pour mardi et mercredi sont compromises...
3.2. Grande voie au Jalouvre.
Il fait moche en ce mardi matin. On se décide pour faire une grande voie dans les Aravis, un peu éloignée du massif du Mont Blanc et des Aiguilles rouges où le temps est bien maussade.
Direction le col de la Colombière une nouvelle fois pour cette grande voie, "manque 1 mètre", 7 longueurs dans le V-VIa. Duur le 6a...
On en chie à trouver le pied de la voie dans les vires herbeuses et détrempées (la partie la plus exposée de cette grande voie...). Puis c'est parti.
On grimpe sur un bon calcaire bien riche en bac. Sympa. Puis à la cinquième longueur on est accueilli par de superbes cannelures en 6a. Bien cool.
Ah oui j'avais pas pris mon appareil photo donc pas d'images de la voie...
On passe bien entre les gouttes ! La grande voie est quadrillée, on peut descendre tranquilement en rappel.
Retour à Chamonix. Temps toujours moyen mais en amélioration. Au programme on aimerait bien aller faire l'arête de l'Innominata jeudi et vendredi, et une course à la journée demain mercredi, genre l'arête des Cosmiques.
Mais alors que Greg appelle le guide Philippe pour lui demander son avis, celui-ci lui annonce qu'il va justement faire l'Innominata dès le lendemain avec un client.
Alors on réfléchit environ une minute, et on décide de se lancer à l'assaut du Mont Blanc par l'Innominata dès le lendemain !
3.3. Le Mont Blanc par l'arête de l'Innominata...
Un gros morceau.
Niveau matos, je suis un peu là en touriste... J'ai laissé pas mal de truc à Barcelone. Alors Greg me prête des grosses de ouf, celles qui ont fait la Bolivie. Chloé m'avait prêté une gore-tex et des gants. Et on est allé loué des crampons.
Niveau motiv, on est au taquet. On a chacun déjà pris un but au Mont Blanc. La course choisie est d'envergure, mais qu'importe on est bien préparé physiquement et avec Greg comme premier de cordée, ça va gérer.
Mercredi 8 juillet, 8h. Parking de l'ENSA, Chamonix.
Rendez-vous avec Philippe le guide et son client José.
On prend la direction de l'Italie après avoir garé deux voitures aux Houches pour le retour...
Tunnel du Mont Blanc.
Et à la sortie, première frayeur. C'est la frontière italienne. C'est le G8 en Italie.
Contrôle.
Par chance, on a nos permis de conduire avec Greg.
"Non.
- Quoi non ?
- Ce n'est pas un papier d'identité valide, nous affirme le douanier avec un accent italien marqué. ...Oups
Ouf...Ca a failli être le but le plus rapide de l'histoire.
Direction maintenant Val Veni, 1300m, où démarre la course en tant que telle. Premier jour, montée au Bivouac Eccles, 3800m. Deuxième jour, montée au Mont Blanc, 4807, enfin 4808, enfin 4810m.
Le versant italien est très différent du versant français. Plus calme, plus pittoresque. Bien plus raide aussi.
Et ça part pour la montée en refuge. 2500m à se farcir aujourd'hui, c'est déjà hard comme montée en refuge !
On gravit pas mal d'échelles d'une traite pour accéder au premier refuge, le refuge Monzino.

Arrivés au refuge Monzino, on se prend une bonne pause. Genre la pause d'une heure. José nous paie un coca, bien cool. Et il faut se remettre en route, parce qu'il reste encore du chemin à faire !
On arrive bientôt au niveau du plafond nuageux, beurk, il fait quand même pas bien beau. Bon, c'est censé se lever demain, ya intérêt. Suspense...
On prend pied sur le glacier. Il faut s'encorder et chausser les crampons. Il ne nous reste que peu de minutes de visibilité...
Mais ça crouze quand même !
Après, l'ambiance devient bien haute-montagne sur le glacier du Brouillard qui porte pas trop mal son nom aujourd'hui... Séracs, crevasse, brouillard, ponts de neige...
Tout en étant indépendant avec Greg, on peut bien profiter de la trace et de l'expérience du guide.
On est bien dans le brouillard là...

La délicate traversée d'un pont de neige...
Puis la pente s'accuentue, il y a quelques passages en mixte avant d'atteindre le refuge. Un avant-gout de ce qui nous attend le lendemain...
Finalement on aperçoit le bivouac Eccles où on va passer la nuit... Ambiance.
La vue du pas de la porte. Va falloir faire gaffe en se levant pour pisser...
Vue de l'intérieur. C'est convivial au moins.
Bon. Fini de rigoler. Demain ya Mont Blanc. Il est 16h, on se fait à manger cash, parce que bon, déjà, on a que ça à faire, pis en plus on se lève à 2h demain.
Un bon repas donc, bolinos, lioph, minut'soup, semoule au lait, pate d'amande, tisane... Le tout à base de neige fondue.
Le gardien de Monzino nous appelle à la radio et nous annonce la météo pour demain. Ca va se lever dans la nuit normalement. Cool. Parce que quand on jette un oeil dehors c'est pas encore ça...
Et au dodo !
Enfin au dodo... Au lit quoi. Il est 19h, il fait jour, on est a plus de 3800, le sommeil est pas bien facile à trouver...
2h. Le réveil sonne. C'est pas un mal finalement, ras le cul de se tourner dans tous les sens. Mes couvertures ont foutu le camp, la condensation sur le toit en tôle me goutte dessus.
Il est temps d'envoyer du pâté. Mais un peu d'appréhension quand même là :). On s'attaque à une voie d'envergure.
3h, bivouac Eccles. Départ.
Il va falloir être concentré d'entrée, pour redescendre sur le glacier du Brouillard de nuit de bon matin. Le point positif, c'est qu'on voit super bien les étoiles et la lune, quasi pleine. Ca s'est levé.
Une fois redescedus sur le glacier, on le gravit jusqu'au col d'Eccles par une pente en neige déjà bien raide. Les difficultés commencent. Elles s'arrêteront 200m sous le sommet. Dans 9 heures.
On suit un bout d'arête avant d'arriver à un ressaut rocheux. Le passage que j'appréhende le plus... Un dièdre de 20m avec en sortie un pas de 5b...
Alors l'escalade bon c'est sympa, le 5b tout ça. Mais en crampons, à 4000m, obligé de quitter les gants pour serrer les prises alors qu'il fait moins 10...
Philippe le guide s'engage dans le dièdre, puis suit José. Il fait noir, on voit pas ce qu'ils font. Mais à voir les étincelles qui jaillissent quand leurs crampons ripent sur la paroi on se rend compte que ça va pas être de la rando.
Puis Greg se lance, il gère bien la longueur, la passe même en libre. Et vient mon tour. Au début c'est bien cool de grimper là dedans en crampons et tout. Puis arrive le fameux pas en 5b.
Ca passe pas. Malgré le ficelou en place je galère. Le froid m'engourdit les doigts, j'ai plus de bras.
Arrive l'onglet, comme si c'était le bon moment. Là je douille vraiment.
Pis bon, je sais plus trop comment, avec l'aide de Greg, un peu de hissage et de forçage, ça passe à l'arrache.
C'est fait. Enfin, il est 5h. Plus que 7 heures d'ascension.
Première récompense, lever de soleil sur les Grandes Jorasses en passant dans une pointe percée...

Puis l'ascension poursuit son cours. Longueurs de mixtes, couloirs de neige, arête effilées, ressaut en glace. Pas beaucoup de répit. Mais le jour est levé et bien levé maintenant. Il fait beau, presque chaud, et on peut soutenir l'effort.
Arrivée au deuxième ressaut rocheux. Greg en tête gère bien la cordée. 
Arrivée sur le fil de l'arête...
Un passage en mixte. Dessous, ya du gaz (le col d'Eccles d'où l'on vient au milieu à gauche et le glacier du brouillard qui descend à droite).
Pfou, un peu la plus belle course de notre vie...
Une bien belle arête...
Une pente de neige entrecoupée d'un ressaut en glace. L'occasion de brocher :). Pour ma part j'ai perdu un ergot dans la bataille, pas évident pour tirer sur le piolet.
José dans le passage en glace...
Greg s'y attaque...
On monte on monte... Les difficultés s'enchaînent mais passent toutes bien. Les couloirs sont en bonne neige dure, ça accroche bien. Piolet droit. Pied droit. Piolet gauche. Pied gauche.... Certaines pentes de neige sont trèèès longues. Et l'altitude se fait ressentir, chaque mouvement coute.
Une dernière croupe à contourner...

Et enfin... On le voit. Le Mont Blanc, au loin. Philippe et José qui ont pris de l'avance dans les passages en escalade sont dejà sur le glacier sommital.

On peut dire que ça y est ! Après 9h d'ascension, les difficultés sont terminées, reste une looongue traversée sous le Mont Blanc de Courmayeur pour atteindre le Mont Blanc, qui à l'air un peu pataud vu d'ici.
La marche sur glacier, c'est sympa. Mais après 9h de course, une nuit approximative à 3800, 4700m d'altitude, une hydratation toute relative (on boit que de la neige fondue dégueu aujourd'hui), le vent qui souffle et les gants qui gèlent, c'est une autre histoire.
Respirer me fait mal. Mais bon, c'est supportable.
Bon.
Voilà.
S
U
M
M
IIIIIII
T
.
Au sommet du Mont Blanc, juste une toute petite croix de pougne.
La photo qui valide... Encore merci Greg !
On est pas mal là-haut. Fait un peu frisquet, mais la vue est sympa.
Pfou. Duuuur. Bon là on est un peu éprouvé, physiquement, mentalement (enfin pour ma part, jsuis defrag). Mais c'est pas le tout, il faut songer à redescendre.
Oh naaaan :)
On va redescendre par la voie normale. Il est 13h, on est dans les derniers à être arrivés au sommet, donc heureusement il n'y a pas grand monde dans la descente. Pas de traces des 200 personnes qui sont venues aujourd'hui, enfin si, quelques traces. Une autoroute de traces :).
Maintenant on est face à un problème de timing. On sait pas trop à quelle heure part le dernier train du Nid d'Aigle, mais on y est encore pas !
Surtout dans l'état où on -je- est -suis-.
Alors on arrache la descente. Bref pause à Vallot. Un dépotoir, beurk. Dôme du Gouter. Arrrgh ça remonte là. Oh naaaan.
Desencordage au refuge du Gouter.
Descente de l'aiguille du Gouter. La on croise moult moult monde qui vient faire le Mont Blanc ce week-end.
Arrivée à Tête Rousse.
Enlevage des crampons, qu'on a pas quitté depuis ce matin 3h quand même.
Descente dans les caillous jusqu'au Nid Aigle...
17h15... Arrivée au Nid Aigle. Il y a un train à 17h50. Oufffffff.
TMB. Bellevue. Les Houches. Soif. Faim. Zzzzz....
Bon ! Ben une belle croix ! Dernière vue sur le Mont Blanc depuis la voie normale...
Voilà voilà. Le lendemain ben on est tout frais !
Bon ça fait mal aux bronches là. Pis je sens plus trop le bout de mes doigts.
Hi hi.
Allez demain retour à Serqueux. Repos. Ah en fait non. Béton.


2 Comments:
Huuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuge!
C'est quand même bcp plus facile versant français :o)
Bravo !
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